Retours sur le colloque de l'AF-UPP avec la table-ronde "La rencontre parents - institutions"


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« Quand les parents font bouger les lignes »

Autour de la table ronde « La rencontre parents-institutions : quelles actions, quels effets et bénéfices pour les acteurs et les territoires ? », des parents des UPP de Chemillé-en-Anjou et de Douai, David Bree, chef de projet Cité éducative Paris 18, Bertrand Elguidj, coordinateur jeunesse à la Ville de Douai, et Stéphanie Potier, chargée de conseil et développement parentalité à la CAF de Saône-et-Loire.

 

Dans les Universités Populaires de Parents, la recherche n’est pas une fin en soi. Elle est un outil pour permettre aux parents d’aller au-devant des institutions, de faire évoluer les relations entre parents et institutions, et de générer des liens de co-éducation. Elle permet de se rencontrer, de mieux se comprendre et, progressivement, de construire ensemble.

 

« Les actions citoyennes permettent de faire bouger les lignes, de casser les codes. L’enjeu est de construire avec les professionnels des réponses qui prennent en compte les réalités vécues par les familles. On ne peut pas toujours s’adapter, nous, aux professionnels. C'est bien aussi que, parfois, les professionnels s’adaptent aux parents », comme en témoigne Laetitia, parent de l’UPP de Chemillé-en-Anjou.

 

Pour Linda, parent de l’UPP de Douai, cette volonté de changer les regards passe aussi par le fait de faire évoluer les représentations sur les parents : « Les parents sont volontaires, ils ont des compétences, des savoirs. Ils sont experts de leur territoire et capables d’apporter une pierre à l’édifice. La coopération suppose que chacun puisse faire un pas vers l’autre : ce n’est pas l’un contre l’autre, c’est ensemble ! ».

 

À Douai, l’UPP a ainsi participé à l’Observatoire de la jeunesse mis en place par la ville. Une expérience qui a permis de faire évoluer le regard porté sur les parents. Bertrand Elguidj, chargé de coopération jeunesse, témoigne : « nous avons progressivement considéré les parents comme des experts sur des problématiques et des enjeux qui touchent toute la jeunesse du territoire. Leur participation a même conduit à revoir nos pratiques et méthodes, la manière de mener le diagnostic jeunesse, notamment les questions posées et la manière d’interroger les jeunes et les parents. Les parents de l’UPP nous ont dit: "si on pose ce genre de questions aux jeunes et aussi aux parents, ça ne va pas passer" […] Donc on a revu la formulation de la question et le mode d’entretien ».

 

L’action citoyenne permet ainsi aux parents de ne pas seulement donner leur avis, mais de contribuer directement à la manière dont une institution construit ses projets et ses démarches en y intégrant un savoir de parent. C’est une réelle plus-value, selon les professionnels présents.

 

En Saône-et-Loire, cette volonté de faire une place aux parents de l’UPP s’est concrétisée dans le cadre du Schéma départemental des services aux familles, auquel l’UPP est désormais invitée.

« Dès le début, le souhait des partenaires institutionnels était d’embarquer des parents avec nous dans ce schéma et dans tout le travail qu’on essaie de mettre en place sur le département » explique Stéphanie Potier, de la CAF de Saône-et-Loire. L’UPP de Gueugnon s’est alors engagée dans l’aventure. Pour la CAF, l’enjeu était d’ouvrir à l’UPP des espaces de participation sur le département. Lors d’un forum départemental de la parentalité réunissant 800 professionnels et familles, les parents de l’UPP ont ainsi animé un kiosque et deux tables rondes. « Nous voulions que l’UPP ne reste pas au niveau de Gueugnon, mais que sa réflexion soit diffusée sur tout le département » précise-t-elle.

 

Ces expériences montrent la spécificité de la démarche UPP : les parents partent de leurs expériences pour mener une recherche collective, produire des savoirs, les partager et les croiser avec ceux des professionnels et des institutions tout au long de la démarche.

 

Au-delà, les UPP montrent à l’ensemble des parents et des professionnels du territoire que la participation est possible et que la coopération parents-professionnels change la donne positivement.